May 12
La fenêtre Posted by Melane

Parce que parfois, j’étouffe, j’étouffe dans ma tête. Ma poitrine est comprimée, je me force à respirer, à me concentrer sur ma respiration. Je croise les bras, sur le rebord de ma fenêtre. Ma seule et unique fenêtre. Celle par laquelle j’entends les bruits de la vie. Celle qui me la rappelle parfois si cruellement.  Je regarde pas la fenêtre, et j’écoute. J’écoute le bruit que fait la rivière, les voitures au loin, les oiseaux que Sushi aime tant surveiller. Je regarde la rivière couler, j’écoute le vent. Je respire. Je respire et j’essaie de ne pas penser. Je me fais couler un verre d’eau,  je le bois doucement. Un enfant cri, une voiture avec la musique beaucoup trop forte, une feuille au vent, un pissenlit sur le gazon. J’entends et je respire la vie, celle des autres, celle du monde. Je prends une profonde inspiration, ça continue.

May 11
Des livres Posted by Melane

J’en mangerais, tellement que je les aime. Ça me manque énormément de passer mes heures de diner à fouiller dans les piles de vieux livres usagers lorsque je travaillais au centre-ville. En banlieue, ces endroits sont plutôt rares. Et lorsqu’on en trouve un, on remarque qu’on n’a pas autant de choix.

J’éprouve un élan de fierté envers moi-même. Ce midi, je me suis achetée un livre qui se trouvait dans le rayon “Science”. Celui-là, et Le père Goriot, de Balzac, que je n’ai jamais lu.

C’est peut-être un peu nerdy, mais j’adore !

May 10
On innove Posted by Melane

Mon dentiste m’a avisé que je devais commencer à faire plus attention à mes dents et gensives, passer la soie régulièrement au lieu de dire que je le fais mais me dire à moi-même « Ahhh pis non » à chaque soir, alors… j’ai fait l’acquisition d’une brosse à dents électrique. J’avais entendu dire que ça allait m’aider, que ça brossait mieux les dents. Aucune idée, ce n’est pas moi qui ait la meilleure vision sur les détails de ma dentition, mais plutôt celle qui porte le petit masque et qui se place le visage à 2 pouces du mien. Quand même, voici ce qui devrait être dit sur la brosse à dents électrique :

 

Ce qui est dit dans le manuel :

Assurez-vous de placer l’extrémité de la brosse à l’intérieur de la bouche avant d’appuyer sur le bouton de mise en marche.

 

Ce qui devrait être écrit dans le manuel :

Assurez-vous aussi de ne pas accrocher le bouton de mise en marche lorsque l’extrémité de la brosse se trouve sous le jet d’eau du robinet, car cela revolera partout dans votre miroir de salle de bain.

 

Ce qui est écrit dans le manuel :

Rincer seulement l’extrémité de la brosse sous l’eau du robinet, et le manche avec un linge légèrement mouillé.

 

Ce qui devrait être écrit dans le manuel :

Mais si vous essayer de ne pas baver sur le manche, vous devrez ouvrir la bouche et lever la tête vers le haut, et ainsi, il sera difficile de garder la bouche fermée et la pâte à dents ainsi que la bave revoleront un peu partout, en plus d’être inélégant.

 

 

 

Ce qui n’est pas écrit dans le manuel :

  1. La première fois que vous utiliserez votre brosse, vous serez surpris par la vigueur avec laquelle cette dernière se frottera sur vos dents et gencives. Gardez la bouche fermée, car l’ouvrir afin de lâcher un « Ayoye » fera revoler la pâte sur votre miroir de salle de bain.
  2.  Si vous êtes pressé, vous n’aurez pas le temps de niaiser à m’utiliser. Garder une brosse ordinaire à portée de main.
  3.  Si vous ne vous trouvez pas élégant et vous ennuyez de votre ancienne brosse, c’est tout à fait normal. Remisez-moi dans un tiroir, et reprenez votre brosse qui, au fond, vous satisfaisait.
May 04
Ça m’écoeure ! Posted by Melane

J’écoutais la radio NRJ en me rendant au boulot l’autre jour, et j’ai littéralement fait ressortir une gorgée de café (sur mon manteau, le long de mon thermos, sur mon foulard, …) lorsque j’ai entendu Philippe Bond parler de ce qui l’écoeurait : les gens qui laissaient de la pâte à dents dans le fond du lavabo après s’être brossés les dents. Évidemment, je riais de la façon dont il a expliqué la chose, mais également parce que… je le comprends très bien, ça m’écoeure aussi. Une autre qui m’a fait rigoler dans laquelle je me suis reconnue : enlever un sac de poubelles sans en remettre un nouveau. Vous savez quand on arrive au-dessus de la poubelle les mains pleines et qu’on laisse sortir un « HIIII » avant de se retourner pour déposer rapidement ailleurs ce que nous tenions…!

 

Il y a quand même des choses étranges que je fais ou qui m’achalent parfois, mais je n’en parle jamais car certaines sont un peu étranges. Mais voilà, j’ai décidé de briser le silence et de vous raconter cela…

 

Top 20 de « Ça m’écoeure » ou « Ça m’énerve » :

 

1)    Voir une cigarette être lancée par une fenêtre de voiture ou un cendrier vidé dans un stationnement.

2)    Les ceintures de sécurité en voiture qui sont tortillées.

3)    L’odeur du linge mouillé oublié dans la laveuse.

4)    Un fond de bain encrassé (je vise surtout les monsieurs ici, parce que j’en ai vu des assez dégoûtants merci!)

5)    Les toilettes des stations-services (particulièrement aux États-Unis).

6)    Quand les fruits ne sont pas dans le bac à fruits, et les légumes pas dans le bac à légumes. Et quand ces derniers ne sont pas nettoyés.

7)    Une radio qui « griche » sans arrêt.

8)     Le fait de jeter et de remplacer parce que les gens sont « tannés » ou parce qu’il y en a « un meilleur   qui vient de sortir ».

9)    Quand une personne vient chez moi pour une première fois et qu’elle se sert au frigo ou fouille mes armoires ou tiroirs sans me demander, par simple politesse, la permission.

10) Une personne qui marche chez moi avec ses souliers/bottes, car oui, ça me dérange.

11) Ne pas refermer les sacs de biscuits, de pâtes, de n’importe quoi.

12) Quelqu’un d’autre que moi qui lave mes vêtements, n’utilisant pas les petits sacs de lavage ou encore pire, les sécher à la sécheuse.

13) Un plancher collant. Comme quand un dégât a été mal ramassé (voire pas du tout).

14) Reprendre les serviettes ou les draps ou les débarbouillettes les derniers rangés, sur le dessus de la pile. Oui oui, je fais une rotation de ce genre de chose, j’utilise ceux en-dessous de la pile… Et ils sont pliés du même sens.

15) Les contenants qui ont des résidus séchés sur le dessus, comme le couvercle d’une bouteille de ketchup avec une croute de ketchup séché qui fait qu’on a du mal à ouvrir la bouteille et à la refermer, même chose pour les tubes de dentifrices ou n’importe quoi de liquide ou semi-liquide qui peut coller et sécher…

16) Des livres endommagés.

17)  Huit pancartes sur un même pôteau pour indiquer si on peut se stationner ou non.

18) Une lumière d’essence allumée.

19) Un « slinky » de bave (Comme dans C.A.)

20) Une tête d’orignal attachée à une voiture – ça me donne envie de vômir.

 

 

Tout ça, évidemment, est sans compter tout ce qui relève de la stupidité humaine : les gens trop impatients, trop agressifs, trop chialeux, les infidèles qui ne s’en cachent pas, les irrespectueux, les enragés de la route, ceux qui ne lavent pas leur vaisselle, ceux qui portent des vêtements visiblement trop petits pour eux, les gens qui s’empêchent d’acheter un vêtement qu’ils aiment parce qu’ils devraient prendre une taille plus grande que celle qu’ils ont toujours portée (Quand même, c’est qu’une étiquette bon sang!), ceux qui ne donnent pas à des causes disant que ça « change rien » ou qui disent encourager une cause mais en ne faisant rien de concret pour l’encourager, ceux qui portent des vêtements très voyants et de mauvais goût (exemple : une fille habillée en « slut » pour, exemple, aller à l’épicerie. C’est pas un club!) qui s’offusquent du regard qu’on porte sur eux, ceux qui ne recyclent pas parce que c’est « du trouble », ceux qui ne prennent pas leurs responsabilités face à leurs animaux (Des animaux laissés à eux-mêmes en pensant qu’ils sont biens, sans remarquer qu’ils n’ont plus d’eau à boire, que leur litière est souillée depuis longtemps, que l’eau de leur aquarium est trouble, que leur cage dégage une odeur forte dégoutante, aussi acheter des chiens ou des chats ou n’importe quel animal par-ci par-là, s’en débarrasser, en acheter un autre, le donner, s’en prendre un nouveau, le trouver un peu tannant ou un peu méchant, s’en débarrasser, en prendre un autre…), ceux qui ne savent ni parler ni écrire un minimum convenablement… et je pourrais continuer longtemps mais… c’est tout le temps que nous avions !

May 03
La tête ailleurs Posted by Melane

On peut dire qu’on a la tête ailleurs quand on se traine d’un endroit à un autre, présent sans y être, tel un fantôme. C’est ainsi que nous sommes ces jours-ci, ceux d’entre-nous qui vivons dans l’insécurité. En effet, une collègue est tombée malade, une autre a eu un accident, une autre a mal réagi à un médicament administré. Pour ma part, hier, j’ai passé à un cheveu de foncer dans la voiture que je suivais, arrêtée à un feu rouge. Le pied sur la pédale du frein, attendant d’avancer, je jouais avec une mèche de cheveux, perdue dans mes pensées, sans me rendre compte que je relâchais doucement la pédale. Je me suis « réveillée » en sursaut tout près du point d’impact. C’est ainsi que nous vivons, et autant qu’il en sera humainement possible, j’espère de tout mon cœur que la situation se réglera le plus tôt possible. Parce que je suis dans la lune, parce qu’en tant qu’hypersensible, je ressens et j’absorbe les émotions des autres également. Parce que c’est incroyable de faire vivre à des milliers de personnes ce sentiment d’insécurité en disant se soucier d’eux. Se soucier de nous, vraiment ?

May 02
Mère et filles Posted by Melane

J’aurais pu écrire ce texte hier, je l’ai d’ailleurs narré dans mes pensées alors que je passais l’aspirateur, tentant de mon mieux d’effacer toutes traces de ma peine en enlevant les traces physiques de sa source.

Hier, j’ai passé  l’aspirateur sur les poils de la chatte de ma mère. Sa chatte qui est aussi comme son bébé, comme sa troisième fille. Je suis consciente qu’à partir d’ici, peu de gens pourraient ou pourront me comprendre. Je dois d’abord  l’expliquer.

Les gens qui me connaissent de près ou de loin l’ont facilement remarqué…  J’ai une relation très spéciale et particulière avec mon chat, Sushi. N’allez rien vous imaginer, il s’agit d’une relation très saine. Nous sommes très proches, nous dormons ensemble toutes les nuits, il me suit partout et me parle ou me pleure dans les oreilles afin d’avoir un peu d’attention, se couche en crevette et me regarde du coin de l’oeil, quêtant une caresse. Sushi est arrivé dans ma vie parce que j’avais besoin de lui, d’un amour gratuit, inconditionnel, naïf, et j’ai été servie.

Sushi est spécial. Lorsque nous sommes allés vivre chez mes parents, un retour pour moi et la première fois pour lui comme je l’avais adopté lorsque j’étais en appartement, Sushi a su gagner en un rien de temps le coeur de toute ma famille. Ma mère, maman à la maison, n’avait plus de compagnon de tous les jours depuis que mon chien était décédé à l’âge de 14 ans l’année précédente. Mon père n’a  jamais aimé les animaux, mais les a supporté autant que possible pour nous faire plaisir. Avec le temps, autant mon père que ma mère ont redécouvert l’amour des chats, et tous les deux se sont énormément pris d’affection pour ma petite boule de poils si unique, si attachante. Ma mère, qui passait ses journées avec lui, aimait lui parler, qu’il la suive partout, qu’il soit si démonstratif, si curieux, si colleux (et collant !).

Un jour, je suis repartie de la maison, emportant Sushi avec moi. J’ai pensé le laisser à ma mère. J’avais peur qu’elle ne s’ennuie trop, mais aussi que lui s’ennuie trop, après avoir eu l’attention de quatre personnes au quotidien durant quatre ans. Mais j’ai quand même amené Sushi avec moi. D’ailleurs, la décision était très égoïste, ce n’était que pour moi. J’avais vécu certaines périodes plus difficiles, et j’avais peur d’aller habiter seule. L’idée d’être complètement seule même sans mon chat m’effrayait.

Sushi s’est bien adapté à la vie en condo, et moi aussi. Mais il n’a pas fallu longtemps avant que ma mère, qui s’ennuyait tellement de ma patate colleuse, se mette à fouiller les petites annonces à la recherche d’un chat à adopter. Elle a trouvé quelques semaines plus tard, et a adopté une petite siamoise d’une chatterie. Elle s’appelait Saké, et oui, ce devait être un coup du destin (Sushi et Saké)!

Saké avait environ 5 mois quand ma mère l’a adoptée. Elle était plus indépendante et moins comment dire… “interactive” que Sushi, mais ma mère  l’aimait comme elle le disait, sa troisième fille. Saké s’est vu recevoir tout un tas de couvertures roses, paniers de chat, jouets par dizaines, n’importe quoi que ma mère trouvait pour faire plaisir à sa minette, elle lui achetait. On dira ce qu’on voudra, mais un animal comble un besoin affectif qu’un humain ne peut pas combler. C’est un plus, un plus non négligeable, et nombre d’études sur la zoothérapie l’ont d’ailleurs prouvé.

Alors voilà, Saké vécut heureuse chez mes parents, avec la meilleure maman du monde, pendant deux années et des poussières. Je l’ai gardé à  l’occasion, et malgré qu’elle avait du mal à suivre mon gros chat très joueur, elle appréciait ma compagnie et il en était de même pour moi, quand elle se faisait un trou du haut de mes couvertures de lit pour se glisser sur mon ventre la nuit.

J’ai gardé Saké durant un mois. Un mois durant lequel elle allait très bien. Elle jouait autant que d’habitude avec Sushi, même si jouer est un grand mot. Disons que Sushi la pourchassait et devenait idiot et tellement heureux d’avoir un ami. Mais  cette année, ça été différent.

Au bout d’environ trois semaines, Saké a commencé à cesser de manger. Elle restait dans son coin. Ne venait plus me quémander l’attention qu’elle me demandait auparavant, jetant de mon comptoir de salle de bain tous mes produits de maquillage lorsque je me préparais le matin. Saké a arrêté de manger, et j’ai essayé de la consoler, de trouver ce qui n’allait pas. Elle ne semblait pas mal en point.

Mais au bout de quelques jours, je me suis grandement inquiétée. J’ai décidé de l’enfermer durant la journée, avec sa nourriture, afin qu’elle soit tranquille et mange un peu. Elle a recommencé à manger, à aller un peu mieux, et Sushi s’est mis à l’agacer à nouveau, ils ont recommencé à se chamailler. Durant deux jours, elle n’a rien mangé, et tremblait comme une feuille dans un coin de mon chez-moi. J’étais déjà inquiète depuis une semaine, ne sachant pas si je devais l’amener chez le vétérinaire pour une visite en urgence, mais mes parents arrivaient sous peu. Peut-être était-ce que de l’ennui après tout?

Mes parents sont revenus, et ils ont paniqué à la vue de leur petite fille. J’ai paniqué de leur panique, me sentant déjà terriblement coupable de ne pas l’avoir amenée chez le vétérinaire plus tôt, la troisième fille de ma maman. J’étais tellement inquiète, j’aurais très bien pu prendre un peu de temps pour l’y conduire. Mais voilà, je ne l’ai pas fait.

Le lendemain matin, ma mère est passée chez le vétérinaire. Elle devait m’appeler en quittant, j’étais inquiète de ne pas avoir de ses nouvelles.

Elle m’a rappelée, pleurant à chaudes larmes, arrivant à peine du vétérinaire. Saké avait été euthanasiée. Hen? Euthanasiée? Il y a deux semaines elle courait partout avec Sushi…

Mais non. Ma mère m’a expliqué entre deux sanglots qu’elle avait de l’eau dans les poumons, qu’elle ne pouvait plus respirer. Que peut-être Saké avait-elle une maladie dont on ignorait l’existence. Mais que peu importe, elle ne passerait pas les tests, ne voulant pas la faire souffrir.

Saké est morte, la fille de ma maman, celle qu’elle a adopté avec tellement d’amour et d’attention afin de palier le manque que Sushi avait réussi à combler.

Mais voilà, Saké est morte. Et elle était avec moi, et j’aurais peut-être pu la sauver. Et je me sens responsable de causer tant de peine. Même si je le sais, je n’aurais probablement rien pu faire. J’aurais peut-être dû prendre la difficile décision que ma mère a eu à prendre à sa place.

J’ai vécu avec elle ses derniers jours de vie, et je peux dire que c’était une petite chatte adorable, une petite face de singe tellement attachante qu’elle me manquera terriblement. Ses poils sont encore un peu partout dans mon condo, et j’ai énormément de peine pour ma mère, mais aussi pour l’animal pour lequel j’étais la “deuxième maman” ou “Maman 2″, comme ma mère m’appelait devant elle.

Je suis désolée Maman, je suis désolée Saké. Et pour ceux qui disent que ce n’est qu’un chat et qu’on n’en fait beaucoup trop de cas… Je vous dirai que si vous n’arrivez pas à apprécier la compagnie d’un animal et tout ce qu’il a à vous apporter, peut-être ne savez-vous pas autant profiter de ce qu’il y a de bon, de satisfaisant et de totalement gratifiant de la vie.

REP/RIP petite Saké.

Apr 27
La semaine Posted by Melane

Parce que la semaine a pas été facile à vivre, j’ai eu envie d’en toucher un mot. Parce qu’il y a des gens qui se plaignent pour rien. Parce que des étudiants qui se font payer leurs études par leurs parents et qui font la grève juste pour le trip - je sais, ce n’est pas le cas de tout le monde, mais je vise ces derniers -, ça me fâche sans bon sens de voir les gens se plaindre pour rien. Parce que j’en ai vu toute la semaine, des gens qui ont des familles, un seul revenu, et qui ont appris que leur poste était soit menacé, soit aboli, soit ils le perdaient tout simplement. Certains arrivent à peine, certains ne le méritent pas, certains sont si près de la retraite, mais si loin à la fois, que ça leur fait très peur, de ne pas se trouver un autre emploi. Parce que l’ambiance générale au bureau, et même par courriel dans toute la province, et même par téléphone partout au Canada, ça se sent.

Quand ils nous ont dit que travailler au gouvernement, c’était des “bonnes jobs”, des “jobs sures”, qu’on allait avoir de l’argent, un bon fonds de pension, … ils nous ont pas dit que c’était comme ça y’a 25 ans, 15 ans. Que c’est ceux qui prennent leur retraite aujourd’hui, même s’ils ont dû se battre pour être syndiqués, pour revendiquer pour leurs droits, pour faire avancer les avantages, les échelles salariales, tout ce dont on et je profite aujourd’hui, mais que quand même… Ils sont les plus chanceux.

Parce qu’on ne sait pas ce qui va nous arriver, qu’on ne sait pas à quoi s’attendre, ni dans quel délai, ni comment ce sera fait. Parce que les gens ont peur, et ils en parlent, ils ont la mine basse… Mais ils doivent continuer de travailler ! Parce que quand tu demandes à la personne qui te téléphone pour avoir un coup de pouce le poli “Ça va bien ?”, elle te répond “pas pire” au mieux, quand elle ne se mets pas à se vider le coeur sur ses craintes…

Mais ça continue. On ne sait pas pour combien de temps. Et on ne sait pas pourquoi… parce qu’on n’en a aucune envie. Mais ça continue.

Comme nous homologues ontariens nous ont dit il y a quelques mois, totalement hors contexte… Life goes on, work goes on.

Ils ne savaient pas si bien dire… Mais, à quel prix. Celle de plusieurs nuits d’insomnie, et de sommeil éveillé durant la journée, d’insécurité et de stress continuel. Et les gens pleurent à leur bureau, dans les couloirs, ou ont une mine d’enterrement, sans qu’on ait besoin de poser de question.

Ouais. Work goes on.

Apr 23
Des coupures Posted by Melane

Sur une note un peu moins sympathique que mon dernier billet… Voici les dernières nouvelles.

Je suis fonctionnaire depuis tout près de deux ans maintenant. J’adore mon emploi, je n’ai jamais été aussi motivée à travailler auparavant. Je me sens utile, j’apprends beaucoup et constamment. J’ai eu la chance d’obtenir ce poste permanent à l’automne dernier. J’ai également commencé un horaire de travail comprimé depuis quelques semaines, ce qui me permet d’avoir occasionnellement un jour de congé, en travaillant un peu plus chaque jour.

Mais voilà qu’est arrivée la nouvelle des coupures budgétaires au sein de la fonction publique canadienne. Certaines personnes semblaient tout à fait indifférentes, d’autres beaucoup trop inquiètes. Moi ? Bof, à la quantité de travail que j’ai, pourquoi m’inquiéter.

Et puis est arrivé ce jour, ce fameux jour de la semaine dernière où j’ai été convoquée par le boss du boss: mon poste sera aboli. J’avoue avoir manqué le reste de la conversation qui a pourtant été plutôt courte, occupée que j’étais à faire de mon mieux pour retenir mes larmes - sans aucun succès.

Je perds mon boulot, mais on est sensés m’en donner un nouveau. Que je ne choisirai pas, ni à quel endroit il sera.

En fait, pour la première fois de ma vie, depuis l’automne dernier… je n’avais plus le statut d’une commis. D’une secrétaire. D’une adjointe. Non, j’étais devenue un peu plus importante que cela. Loin de moi l’idée de dénigrer le travail d’une adjointe, mais l’ayant effectué depuis tant d’années, c’était un réel accomplissement pour moi que d’avoir réussi à obtenir un poste… plus. Parce que ce poste, je l’ai obtenu parmi des candidats qui avaient plus de connaissances et d’expérience que moi. On a misé sur ma capacité d’apprentissage et ma motivation, et ils n’ont pas été déçus, c’est ce qu’ils m’ont dit.

Depuis les derniers jours, j’ai peur pour la première fois de ma vie, vraiment peur, pour mon emploi. Parce que j’ai travaillé fort, que je me suis démené pendant des mois pour arriver où je suis. Et qu’il y ait des chances que je rechute, si on a même un autre poste à m’offrir.

J’attends et j’ai peur. Et je n’ai absolument aucune envie d’y retourner demain matin…

Apr 10
Ça, c’est bien moi! Posted by Melane

Il y a toujours des moments dans une vie où on pense “Ça, c,est bien moi!”. Par exemple, c’est bien moi lorsque je laisse trainer une facture en me disant que je la payerai demain. Qu’elle se retrouve en-dessous d’une pile de papiers sans importance, et que j’oublie simplement de la payer, alors que j’en ai pourtant amplement les moyens. C’est bien moi aussi quand j’ouvre une bouteille d’eau gazéifiée qui m’explose au visage, déversant l’eau un peu partout. Mais c’est bien moi aussi pour autres choses. Lorsque des événements saugrenus surviennent. Lorsque deux objets totalement disparates se trouvent toutefois rangés au même endroit. C’était d’ailleurs le cas lorsqu’en faisant le ménage de mon tiroir de table de nuit, “LE” tiroir de table de nuit, j’ai retrouvé un chapelet, celui que ma grand-mère m’avait donné pour ma Première communion, voilà bien des années. Et à côté de ce chapelet, Lulu. Le p’tit Jésus serait fâché de voir ça, lui, rangé près de… ce qu’il y a d’autres dans ce tiroir.

Ça, c’est bien moi!

Apr 04
Pensée du jour Posted by Melane

“Qu’est-ce qu’un adulte ? Un enfant gonflé d’âge.”

- Simone de Beauvoir

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