Je fixerais mon écran encore plus longtemps que je ne saurais quoi en dire. En juin, j’apprenais que mon oncle était atteint d’un cancer. Il y a trois semaines, j’apprenais qu’il ne lui restait que tout au plus deux semaines à vivre. Jeudi, en fin d’après-midi, j’apprenais que mon oncle était mort au courant de la nuit.
J’ai pleuré. J’ai vu ma mère pleurer. J’ai vu ma grand-mère pleurer. J’ai tenté de les consoler. J’ai appris la nouvelle à ma soeur au téléphone. J’ai entendu ma soeur pleurer. J’ai vu des dizaines de personnes pleurer ce matin à ses funérailles.
Mon oncle ainé qui avait tant d’amis. Qui ressemblait le plus à ma mère, au fond. Qui m’envoyait des blagues par courriel et à qui j’en renvoyais. Mon oncle qui a été le dernier à avoir ri de moi en ski, lorsque perché sur une bute de neige, il était plié en deux devant une moi désemparée, les deux skis ainsi que bâtons dans quatre directions différentes après une chute inélégante. Mon oncle qui fâchait souvent ma maman, qui elle ne pouvait s’empêcher de se voir en face de ses propres défauts. Mon oncle qui était le seul, avec sa conjointe, à danser avec ma propre famille dans les soupers de Noël et du jour de l’An. Mon oncle qui m’avait dit lorsque j’avais environ quinze ans “Tu sens bonne ma p’tite maudite“, phrase que je réentendais lorsque je portais ce parfum. Mon oncle qui trouvait dont que ma soeur et moi étions de belles grandes filles.
Mon oncle qui n’est plus. Qui ne dansera pas avec nous à Noël. Qui ne donnera pas trop de vin pour le seuil de tolérance de ma mère. Qui ne pourra plus m’aider quant au choix de ma destination vacances, ni m’offrir ses conseils.
Aujourd’hui, j’ai pleuré.